Anita Conti & l'océanographie

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"Depuis les souvenirs les plus flous de ma petite enfance, toutes mes sensations, et ensuite toutes mes habitudes de pensée s'étaient partout liées à des suggestions d'immensité marine" écrit Anita Conti



Remarquée par ses articles dans des revues féminines, Anita Conti est embauchée en 1934 par l’Office Scientifique et Technique des Pêches Maritimes, l’ancêtre de l’IFREMER actuel, en qualité de journaliste, chargée de faire connaître l’océanographie. Elle participe à des campagnes à la mer à bord du Président Théodore Tissier, premier navire océanographique financé par l’état français, durant lesquelles elle s’initie également au travail scientifique. Puis, le directeur de l’OSTPM la charge de s’embarquer à bord des chalutiers pour rendre compte des techniques de pêches, des zones fréquentées et des espèces pêchées. Elle photographie la pêche, la mer, les hommes. Elle multiplie les reportages et raconte les campagnes de pêche dans le nord de l’océan Atlantique.

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En novembre et décembre 1939 , Anita Conti est affectée sur les bateaux militaires, mandatée par le ministère de la Marine pour le déminage du chenal de Dunkerque. Anita Conti note et photographie à bord des chalutiers réquisitionnés pour la circonstance. Elle publie de nombreux articles et documents sur les conditions périlleuses du déminage. Puis, en 1941, elle embarque à bord des différents chalutiers français chargés par l’Amirauté d’aller reconnaître les possibilités de pêche le long des côtes de Mauritanie et du Sénégal pour assurer le ravitaillement des populations et de l'armée française.

A Dakar en 1942, l’OSTPM lui confie l’étude des faunes aquatiques africaines afin de développer la pêche côtière aux côtés de l’Institut Français d’Afrique Noire dirigé par Théodore Monod. Elle forme des artisans pêcheurs, propose des améliorations aux techniques locales, définit des méthodes de capture et de conservation du poisson. Elle tente de créer une pêcherie expérimentale pour l’exploitation des requins dont le foie contient des taux importants de vitamine A. En 1947, le nouveau gouverneur de Dakar met fin à sa mission. L’OSTPM ayant été restructuré en 1945, Anita Conti n’en fait plus partie. Pourtant, elle ne se résoud pas à abandonner et crée, avec sa cousine Pâquerette de Quénétain, ses pêcheries : les Pêcheries d'Outre Mer. Mais les difficultés s'additionnent et contrainte, Anita quitte l'Afrique.

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De retour en France, elle décroche un contrat avec un éditeur qui attend le récit d’une campagne de pêche à Terre-Neuve. En 1953, son premier livre Racleurs d’océans est publié et permet au public de découvrir « le grand métier » qu’est la pêche lointaine. C’est aussi le premier témoignage porté sur le gaspillage des ressources de la mer. Puis, Anita raconte le Sénégal, la mangrove, les Africains, la chasse aux requins à bord des pirogues et les avancées des pays de l’AOF vers l’indépendance dans son livre Géants des mers chaudes qui sort en 1957.

Toujours attirée par le large, Anita répond néanmoins à toutes les invitations qui lui permettent de témoigner, de faire connaître, de donner son avis sur l’exploitation des mers. A la fin des années 50, elle embarque sur différents navires pour observer le cétorhine qu’est le requin pèlerin, un squale inoffensif vivant dans les eaux tempérées. Elle expérimente aussi l’aquaculture.

L’océan, les bêtes et l’homme, son troisième et dernier livre, paraît en 1971. Elle y exprime la richesse de son expérience et affirme ses idées de fragilité de la ressource marine, d’un océan réservoir de nourriture qu’il faut préserver et son engagement dans la cause de l’écologie.


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