La photographe des mers

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Les premières photographies d'Anita Conti datent de 1917. Alors installée avec sa famille sur l'île d'Oléron, depuis 1914, ses premières prises de vue fixent sur la pellicule des photos de famille et déjà des navires, bien sûr des navires : à quai, échoués sur la grève, prenant l'océan…

A partir des années 1930, en mission pour l’Office Scientifique et technique des Pêches Maritimes, elle sillonne les mers froides à bord du navire océanographique Président Théodore Tisser, de chalutiers, ou encore de dragueurs de mines pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle embarque pour les mers chaudes sur des chalutiers français puis sur les pirogues de pêcheurs guinéens.

Elle emporte dans ses valises des carnets de notes et ses appareils photographiques. Les négatifs révèlent sa soif d’océan, son désir de tout connaître : faune, ressources, techniques de pêche et de conservation, vie des marins, effervescence des ports (Concarneau, Dieppe, Dakar, Conakry…).

Anita Conti s’est peu exprimée sur ses clichés. A notre connaissance, seule l’avant-propos de son ouvrage Géants des mers chaudes évoque ses travaux photographiques où elle formule un souhait :

« Je crois sentir l'odeur de la peau des squales…j'entends gronder le déferlement des vagues… mes yeux se ferment devant le soleil qui chauffe comme un infernal projecteur…
Et j'ose formuler un souhait : je voudrais que ces images soient comme je les revois moi-même.
Chacun de nous conserve en soi des impressions visuelles qui rappellent des sensations physiques : soleil, vent, tempête, océan, lumière, peuvent se traduire par chaleur, mouvement, lutte, ivresse, plaisir ; et aussi bien par angoisse, douleur… ainsi, chacun de nous réanime des images suivant la richesse intérieure de ses souvenirs.
Et je songe au lecteur idéal, celui que j'ignorerai peut-être toujours ; je pense à une amie inconnue ; je souhaite qu'ils veuillent, eux aussi, revivre avec moi quelques instants de leur vie la plus intense. » Anita Conti, 1957.



Entre 30 et 40 000 clichés sont aujourd'hui en cours de classement par Clotilde Leton, chargée de mission auprès du service des archives de la ville de Lorient. L'association Cap sur Anita Conti assure pour sa part la numérisation de la collection. Notre connaissance du fonds est par conséquent encore partielle.

Ce qui laisse présager, comme le disait Anita Conti, « de vivre … quelques instants de vie …intense".


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