La relieuse d'art

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Anita Conti découvre la reliure d'art dans la seconde moitié des années 1910. Alors que lui est offert une pièce de cuir brute, elle la transforme en peau pour couvrir la couverture d'un ouvrage de Molière.

Une dizaine d'années plus tard, en 1925, ses travaux de reliures sont remarqués à l'Exposition internationale des arts décoratifs :
" Attendons-nous à voir Melle Anita Cara devenir chef d'école comme le fut Legrain. C'est le propre de toutes les innovations de susciter immédiatement le démarquage ou la copie. Réjouissons- nous, en tout cas, si nous sommes ainsi appelés à connaître un autre âge de la reliure" souligne le journal Comoedia.



Anita se distingue des travaux de Pierre Legrain. Ce dernier, décédé en 1920, travaillait les lignes géométriques inspirées du cubisme, juxtaposant les cuirs en fines mosaïques ; reliure reproduite ensuite à des milliers d'exemplaires. Celles d'Anita Conti sont des pièces uniques qu'elle taille, sculpte, modèle dans une seule peau (buffle d'Abyssinie, galuchat…) puis qu'elle teint. Ses recettes de teinture prises dans le Caucase conduisent à des compositions originales, teintées des couleurs et lumières rencontrées lors de ses voyages en Orient.


A ses retours de voyage, elle accueille amateurs et collectionneurs dans son atelier parisien. Jean de Rovéra, Francis Carco, Henri Davoust, Edgar Faure, Anatole de Monzie, Emile Roche, Jean Giroudoux, la famille royale de Belgique, Albert Kahn, ou encore le jeune empereur de l'Annam, Bao Daï, sollicitent les talents de celle que Pierre Mac Orlan nomme "celle-qui-écoute-parler-les-livres".


Elle relie Jeux du Demi-Jour de Pierre Mac-Orlan, La croisière noire et Fumeurs d'opium de Jules Boissière, L'Anthologie Nègre de Blaise Cendrars, Le Chant de l'Equipage de Pierre Mac-Orlan, Ghazels de Hâfiz, reliure incrustée de pierreries.


Dans les années 1930, son travail de relieur d'art est couronné de plusieurs prix : au Salon d'Automne, au Salon des Arts Décoratifs, à Londres, à New York, à Bruxelles où elle obtient la médaille d'or en 1935. Elle cesse pourtant toute activité professionnelle de relieur d'art pour se consacrer à l'océan après 1939.


"Choisir, c'est sacrifier. L'océan ? Les livres ?…
L'important est de ne pas penser à soi,
de ne jamais revenir à soi. "
Anita Conti


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